Ce week-end à Vertolaye, dans le Puy-de-Dôme, 370 pilotes étaient engagés sur la quatrième manche du Championnat de France d’Enduro. Sur la ligne, leurs motos ressemblent à s’y méprendre à des motocross : carrosserie fine, position de pilotage debout, mêmes marques au catalogue (Fantic, Sherco, Honda, KTM, Triumph). Un détail les distingue pourtant dès qu’elles quittent une spéciale pour rejoindre la suivante sur route ouverte : leurs pneus n’ont pas le droit d’être les mêmes.
Une manche à haute tension avant la finale de Langogne
Organisée par le Moto Club du Livradois les 25, 26 et 27 septembre, cette épreuve faisait rouler les élites sur une boucle de 65 kilomètres traversant les communes de Vertolaye, Marat, Saint-Pierre-la-Bourlhonne, La Chapelle-Agnon, Bertignat et Job. C’était l’avant-dernière épreuve d’une saison qui n’en compte que cinq : la finale se joue les 24 et 25 octobre à Langogne, en Lozère.
En Élite 1, Léo Joyon (Fast Eddy Triumph Minerva Oil) a remporté les deux journées et repart avec 197 points au général, 20 d’avance sur Hugo Blanjoue (Elite Factory Honda Motul, 177 points). En Élite 3, Théo Espinasse (Fantic Factory Racing), auteur du meilleur temps scratch du samedi, porte son avance sur Julien Roussaly (Sherco Factory) de 4 à 10 points avant la finale, 191 contre 181 au général. En Élite 2, Antoine Magain (Sherco Factory) enchaîne un deuxième succès consécutif. Une seule certitude déjà acquise : Dorian Simon (Atomic Moto Beta) est mathématiquement champion de France Junior E2/E3, avec le score parfait de 200 points sur 200 possibles au terme de sa huitième victoire en huit journées de course cette saison.
Le conseil 1001Pneus
Vous roulez en trail ou en enduro sur des itinéraires qui mêlent chemins et petites routes ? Vérifiez que vos pneus portent bien un marquage « E » (homologation européenne) ou une approbation DOT moulée sur le flanc avant de rouler sur une voie ouverte à la circulation. Sans ce marquage, un pneu purement tout-terrain n’a pas le droit de toucher le bitume, même sur quelques centaines de mètres de liaison.
La règle que le motocross ignore
Cette contrainte, le motocross ne la connaît pas. Un circuit de cross reste fermé à la circulation du premier au dernier tour. L’enduro, lui, alterne spéciales chronométrées et tronçons de liaison sur voie publique, où les motos doivent respecter le Code de la route comme n’importe quel deux-roues immatriculé.
Le règlement technique 2026 de la Fédération Française de Motocyclisme est précis sur ce point : pour toute épreuve empruntant des voies ouvertes à la circulation, seuls les pneus vendus au catalogue grand public, conformes aux normes de charge et de vitesse de l’ETRTO et porteurs d’un marquage « E » et/ou « M/C » ou d’une approbation DOT moulée sur le flanc, sont autorisés. À l’arrière, la sculpture ne peut pas dépasser 13 mm de profondeur, tous les crampons mesurés à angle droit sur la bande de roulement. Cette clause ne s’applique qu’aux épreuves qui empruntent des voies ouvertes : elle exclut de fait un circuit de motocross fermé à la circulation.
À l’échelle mondiale, la discipline a aussi vu, en 2021, Michelin devenir partenaire titre de plusieurs manches de l’Enduro World Series, preuve que le pneu pèse dans l’économie de ce sport autant que dans son règlement.
Rendez-vous à Langogne
Cette règle vaut pour toutes les marques de moto engagées à Vertolaye, sans distinction. Elle explique surtout pourquoi un pneu d’enduro, même taillé pour la boue et les racines, garde un profil moins agressif qu’un pneu de motocross pur : il doit aussi tenir la route, au sens propre. Pour préparer sa propre machine avant une sortie enduro, mieux vaut d’ailleurs vérifier l’ensemble de son matériel en amont, pneus compris.
Les 24 et 25 octobre, à Langogne, la saison se refermera sur un dernier verdict. Léo Joyon partira en position de force en Élite 1, Théo Espinasse défendra dix points d’avance en Élite 3, et Antoine Magain cherchera un troisième succès de rang en Élite 2. Tous rouleront sur les mêmes routes de liaison, avec les mêmes règles sous les roues.
Et vous, aviez-vous déjà remarqué qu’une moto d’enduro n’a pas le droit de rouler avec de vrais pneus de motocross ? Dites-le-nous en commentaire.
Sources
- Fédération Française de Motocyclisme / FFM Enduro (chronométrage Race Result), classements officiels du Championnat de France d’Enduro 2026 après Vertolaye pour Élite 1, Élite 3 et Juniors E2/E3, publiés le 27/09/2026 enduro-france.fr
- Freenduro.com, « Résultats CDF Enduro Vertolaye 2026 J1 : Espinasse signe le scratch, Magain et Joyon intraitables », 26/09/2026 freenduro.com
- Freenduro.com, « Championnat de France d’Enduro Vertolaye 2026 : programme, spéciales GPS et live », septembre 2026 freenduro.com
- Mototribu.com, « ENDURO – Vertolaye (63), un dimanche parfaitement maîtrisé », 27/09/2026 mototribu.com
- Mototribu.com, « ENDURO – Vertolaye (63), samedi, le Moto Club livradois répond présent », 26/09/2026 mototribu.com
- Enduromag.fr, « Championnat de France 24MX à Vertolaye (63) : chaleur et poussière au rendez-vous ! », septembre 2026 enduromag.fr
- Moto Club du Livradois, « France enduro Vertolaye 2026 : le programme complet », 09/09/2026 mclivradois.fr
- Fédération Française de Motocyclisme, « Règles Techniques Générales 2026 – Enduro, Cross-Country », version du 02/12/2025, Art. 12 – Pneumatiques enduro-france.fr
- Enduro-france.fr, calendrier officiel du Championnat de France d’Enduro 24MX 2026 enduro-france.fr





