Sur le flanc de chaque pneu neuf, une lettre minuscule est moulée dans le caoutchouc. MO, AO, N0, ou une étoile. Ce code dit quel constructeur automobile a validé ce pneu précis avant qu’il ne quitte l’usine, ce qu’on appelle un pneu homologué constructeur, et presque personne ne le remarque.
MO, AO, N0 : ce que dit chaque code
Chez BMW, le marquage tient en une simple étoile, réservée aux pneus homologués par la marque. Mercedes appose MO, pour Mercedes Original. Audi utilise AO. Chez Porsche, le code change de forme d’un modèle à l’autre. Il prend un N suivi d’un chiffre, de N0 à N6 selon Michelin et Goodyear. N0 désigne la première version approuvée pour une référence donnée, et chaque chiffre suivant correspond à une évolution de la structure interne, de la gomme ou du dessin de la bande de roulement. Sept marquages différents peuvent ainsi se succéder sur une seule et même taille de pneu, sans que rien ne change sur l’étiquette. Tesla, plus récente dans l’exercice, a retenu la lettre T, de T0 à T2.
Le principe ne se limite pas aux marques premium allemandes. Renault a par exemple choisi Kumho comme fournisseur exclusif des pneus de son Arkana, avec le même principe de validation par le constructeur avant la sortie d’usine.
Pourquoi le pneu porte la marque du constructeur
Ce tampon a une fonction précise : signaler qu’un pneu donné a été réglé pour un modèle de voiture donné, pas pour toute une gamme. Les ingénieurs du manufacturier travaillent avec leurs homologues du constructeur automobile pour ajuster la structure du pneu au poids du véhicule, à sa puissance et à la disposition du moteur, selon Michelin, dans un seul but : un comportement, un confort et un bruit de roulement optimisés pour cette voiture précisément. Le marquage n’apparaît qu’à la fin de ce processus d’essais et de mises au point.
Le conseil 1001Pneus
Ne partez pas à la chasse au marquage sur des pneus déjà montés, rien ne vous y oblige légalement. Réservez cette vérification au moment du remplacement, et surtout sur un modèle où le châssis fait tout l’intérêt de la voiture. Sur une citadine ou un break familial, la dimension exacte, l’indice de charge et la bonne saison comptent davantage que la lettre gravée sur le flanc.
Ce qu’on perd vraiment à s’en passer, et quand ça n’a aucune importance
Légalement, rien n’oblige à remonter un pneu marqué. La fédération professionnelle TNPF, qui réunit les manufacturiers en France, est nette sur ce point. Deux pneus qui partagent le même numéro d’homologation sont présumés identiques, donc interchangeables au sens du code de la route, sans impact sur la sécurité du véhicule. Le marquage n’est ni une obligation ni, en soi, un critère de sécurité.
Ce qu’on perd, c’est ce réglage fin : pensé pour un modèle précis, pas pour toute une gamme. Sur une sportive ou une berline premium, où le châssis fait toute la réputation, ça se sent : direction moins précise, confort en retrait à haute vitesse. Sur une citadine ou un utilitaire du quotidien, ça compte beaucoup moins : la taille indiquée sur la carte grise et le bon indice de charge suffisent. Michelin recommande d’ailleurs le pneu approuvé au remplacement, sans en faire une obligation.
La prochaine fois qu’un pneu se dégonfle dans le garage, jetez un œil au flanc. Cette lettre minuscule dit, mieux qu’aucune fiche produit, pour quelle voiture ce pneu a été pensé, et si ça compte vraiment pour la vôtre.
Et vous, avez-vous déjà remarqué cette lettre sur vos propres pneus ? Allez vérifier le flanc et dites-nous en commentaire ce que vous y trouvez.
Sources
- Michelin, « Tout ce qu’il faut savoir sur les pneus homologués constructeur développés par Michelin ». michelin.fr
- Goodyear, « Que signifient les marquages de pneu de PM ? ». goodyear.eu
- TNPF (Travaux de Normalisation des Pneumatiques pour la France), « Pneumatiques première monte et marquages constructeurs ». tnpf.fr





