Sept secondes. C’est tout ce qui a séparé Adrien Boichis de Mathieu van der Poel dimanche aux Gets, devant près de 60 000 spectateurs. Personne ne l’a relevé à l’arrivée, mais sur un VTT de cross-country, le pneu avant et le pneu arrière ne font pas le même métier et ne roulent presque jamais avec la même gomme.
Sept secondes au bout de huit tours
Cinq hommes abordaient encore le dernier tour groupés : Boichis, van der Poel, le Chilien Martin Vidaurre Kossmann, le Français Luca Martin et l’Italien Simone Avondetto. C’est le Français de 23 ans, natif d’Aix-en-Provence, qui a fait la différence dans la descente, en signant au passage le meilleur tour de la course en 9’24. Il s’impose en 1h19’48, deux jours après avoir déjà gagné le short track du vendredi.
« Pouvoir batailler jusqu’au dernier tour avec Mathieu, c’est un jour dont je me souviendrai toute ma vie », a-t-il lâché à l’arrivée. En face, van der Poel retrouvait le VTT après presque un an d’absence.
| Pos. | Pilote | Nation | Écart |
|---|---|---|---|
| 1 | Adrien Boichis | France | Vainqueur (1h19’48) |
| 2 | Mathieu van der Poel | Pays-Bas | +7 s |
| 3 | Martin Vidaurre Kossmann | Chili | +32 s |
| 4 | Luca Martin | France | +36 s |
| 5 | Simone Avondetto | Italie | +45 s |
Deux pneus différents sur le même vélo
Boichis court pour Specialized Factory Racing. Sa monte exacte du jour n’a pas été communiquée, mais la gamme cross-country de son équipementier illustre bien le principe. L’Epic World Cup, le VTT de cross-country de la marque, sort d’usine avec deux pneus qui ne sont ni le même modèle ni la même gomme : un Fast Trak en gomme T7 à l’avant, un Renegade en gomme T5 à l’arrière, tous deux en 29 x 2,35 et en carcasse Control, selon la fiche technique publiée par Specialized. La T7 est la plus accrocheuse de la gamme, la T5 la plus roulante.
En course, la monte change d’un week-end à l’autre selon l’état du terrain, et Pinkbike a recensé jusqu’à vingt-cinq combinaisons différentes sur une seule manche. La logique, elle, ne bouge pas. Et elle va même plus loin que la simple paire avant/arrière : sur les versions haut de gamme du Fast Trak, les deux gommes cohabitent à l’intérieur du même pneu, la T7 sur les épaules pour tenir en courbe, la T5 au centre pour rouler vite en ligne droite.
Le conseil 1001Pneus
Si vous ne montez qu’un pneu neuf sur votre VTT, montez-le à l’avant, et prenez le plus accrocheur des deux. Un arrière qui glisse se rattrape, un avant qui décroche vous met par terre. Et comme l’avant s’use moins vite que l’arrière, c’est aussi là que le bon pneu dure le plus longtemps.
Pourquoi la gomme change entre l’avant et l’arrière
La répartition n’a rien d’un argument marketing, elle vient du travail que fait chaque roue. À l’avant, le pneu encaisse le freinage et tient la trajectoire. Une gomme tendre se déforme davantage, épouse les racines et les cailloux humides, et accroche mieux, au prix d’un peu plus de résistance au roulement. À l’arrière, la roue transmet la puissance. Une gomme plus dure rend plus de watts pour le même effort et s’use moins vite, quitte à décrocher un peu plus tôt sur une trajectoire mal négociée.
Sur un tracé rapide comme celui des Gets, ce compromis fait gagner de la vitesse sans sacrifier les virages. D’autres fabricants appliquent le même raisonnement et déclinent, eux aussi, des références distinctes pour l’avant et l’arrière.
Ce que ça change sur votre VTT du week-end
Le principe descend très bien en dessous du niveau Coupe du monde. Beaucoup de vététistes montent encore deux pneus identiques, par habitude ou pour simplifier les stocks au garage. Sur un terrain mixte, un pneu plus accrocheur devant et un pneu plus roulant derrière fait gagner en confiance dans les courbes et en légèreté sur les portions rapides, sans toucher ni à la dimension ni à la pression.
C’est le même genre de détail invisible qui avait pesé sur le Tour de France Femmes 2025 de Pauline Ferrand-Prévôt, et qui explique l’investissement des manufacturiers dans les circuits de VTT de haut niveau.
Rendez-vous à Val di Sole
Pas le temps de souffler. Les championnats du monde se disputent du 26 au 30 août à Val di Sole, en Italie, où van der Poel vise le maillot arc-en-ciel qui manque encore à sa collection. La Coupe du monde reprendra ensuite le 19 septembre à Soldier Hollow, dans l’Utah, pour sa dernière manche, avec les 15 points qui séparent encore Boichis de Luca Martin au général.
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Sources
- Vojo, « Résultats Les Gets 2026 XCO : Adrien Boichis bat Mathieu van der Poel à la maison », 23 août 2026 (chronos, meilleur tour, composition du groupe de tête).
- La Provence, 23 août 2026 (affluence, âge et origine du coureur, classement général).
- Le Dauphiné Libéré, 23 août 2026 (déclaration d’Adrien Boichis).
- Eurosport, 23 août 2026 (doublé XCC-XCO, retour de Mathieu van der Poel).
- Specialized, fiche technique Epic World Cup (montage Fast Trak T7 avant / Renegade T5 arrière, 29 x 2,35, carcasse Control).
- Pinkbike, « Round Up: 25 Different XC World Cup Tire Combinations » (variabilité des montes en course).
- UCI Mountain Bike World Series et calendrier UCI 2026 (championnats du monde de Val di Sole, 26-30 août ; Soldier Hollow, 19-20 septembre).




