La VLV : une voiture électrique Peugeot en 1940

Image par carjager.com

Les premières voitures électriques datent de 1881, avec la présentation du modèle de Gustave Trouvé à l’Exposition Internationale d’Électricité. Dès 1899, la « Jamais-Contente » bat un record de vitesse en atteignant 105,88 km/h. À partir des années 1920, les voitures à essence s’imposent comme la nouvelle référence à cause de la pénurie. Toutefois, en 1940, une nouvelle voiture électrique fait son apparition : la VLV.

Présentation de la VLV

La VLV, pour Véhicule Léger de Ville, est un modèle de voiture électrique conçu par Peugeot pendant la Seconde Guerre mondiale, en 1940, puis commercialisée en mai 1941. Dans ce contexte compliqué où l’essence est rationnée, les déplacements à pied ou en vélo sont monnaie courante et beaucoup de véhicules intègrent un système gazogène pour pallier la pénurie de carburant.

Le constructeur au lion souhaitait proposer une voiture légère afin d’optimiser son autonomie. La VLV pesait ainsi environ 180 kg, mais il est nécessaire d’ajouter 160 kg, pour ses 4 batteries de 12V logées sous son capot avant.

Malgré sa taille réduite, la VLV disposait d’un petit coffre pour ranger ses effets personnels. Sa capote permettait de rouler sous la pluie tout en facilitant l’accès à bord des automobilistes de grande taille.

L’intérieur de la VLV, à l’instar des véhicules de l’époque, était plutôt dépouillé, un cadran indiquait la vitesse et le nombre total de kilomètres, alors que le second donnait l’ampérage. Un commutateur situé sur la droite permettait de contrôler l’éclairage.

Une particularité de la VLV résidait dans la disposition de ses roues. On retrouvait deux roues placées de manière classique sur son train avant, alors que les deux roues du train arrière étaient regroupées au centre et séparées par une trentaine de centimètres.
Pour sa suspension, le constructeur avait déployé un ressort central unique à lames.

Détails techniques de la VLV

Peugeot se distingue de ses concurrents en imaginant une voiture électrique légère et originale sans fioritures. La VLV est une petite décapotable avec une longueur de 2,67 m, une largeur de 1,21 m et une hauteur de 1,27 m qui compte deux places.

Constituée principalement d’aluminium, elle arbore un phare central, un essuie-glace manuel et ne dispose pas de pare-chocs arrière. Son moteur électrique « Safi » offre une puissance comprise entre 1 kW et 2,6 kW pour une vitesse de pointe d’environ 30 km/h et une autonomie aux alentours de 70 km. Afin de recharger les batteries de la VLV et leur capacité de 4 kW/h, il est nécessaire d’utiliser un appareil spécial (en 110-120V) et de le laisser connecté durant une dizaine d’heures.

Pour le pilotage, la VLV intègre trois pédales, une pour actionner les freins à tambour de ses quatre roues, une autre pour l’accélération et un contacteur spécial. Ce dernier sert à accroître la vitesse et peut être utilisé en complément de l’accélérateur dans les montées par exemple.

Avec la VLV, Peugeot se démarque des autres constructeurs français en proposant une voiture électrique pendant la Seconde Guerre mondiale. Produite à l’usine de La Garenne, le constructeur au lion fabriquera 377 exemplaires de VLV entre les années 1941 et 1945.